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Leonard Cohen (1934-2016)



Hommage à Leonard Cohen

Après nombre d’éclipses et de come-back musicaux, le poète canadien au regard mélancolique et à la voix grave est mort à 82 ans, quelques semaines après la sortie de son ultime album, «You Want It Darker». Ses chansons profondes ont accompagné la vie intime de générations d’admirateurs en osmose.

Leonard Cohen a entamé sa carrière de chanteur à l’âge canonique de 32 ans, l’auteur d’Avalanche, Hallelujah et So Long, Marianne avait fait de la littérature sa manière d’être à la musique.
Par sa voix et sa fébrilité uniques en leur genre, Cohen est entré dans l’intimité de femmes et d’hommes qui n’en auraient laissé entrer aucun autre - pas même Dylan, son plus grand alter ego.
Le succès, le vrai, n’arriva qu’en 1988 avec l’album I’m Your Man. Avant ça, Cohen fut surtout un sacré déveinard.
A la sortie de son troisième album, Songs of Love and Hate, en 1971, il était identifié comme «the prince of bummers» («le roi des chanteurs déprimants») et comme un artiste bien trop clivant pour être bankable. Leonard Cohen annonça son retrait de la musique en décembre 1980. Et interrompit effectivement sa carrière . Il attendit cinq ans pour enregistrer l’album de son retour, Various Positions et sa plus célèbre chanson, Hallelujah.
Donné pour mort (artistiquement) jusqu’à Ten New Songs, sorti en 2001, il ne cessa de jouer avec les attentes de son public et de déjouer les espoirs de solennité. Puis canonisé grand sage pop, il a passé une bonne partie de ces deux dernières décennies à bousculer son icône et tourner en ridicule ses résurrections successives. 
Cohen fut dans le dernier âge de sa carrière absolument créatif, insaisissable, hilarant, formidablement indigne de son statut de Commandeur de la poésie au bord de la mort - au point qu’Adam Cohen, son fils, soit obligé de le convaincre de se prendre un peu au sérieux pour son dernier disque.
Malgré tout, le titre de You Want It Darker (qu’on pourrait traduire par : «alors comme ça, vous voulez de la gravité ?») en dit long sur le regard que Leonard Cohen portait sur sa figure de prophète de malheur, sa majesté, son autorité et les honneurs immenses dont il était l’objet. De fait, il semblait tellement frivole et désinvolte quant à sa propre mort, il était revenu tant de fois de l’abîme, qu’il nous avait presque convaincus qu’il ne disparaîtrait jamais. (source: CDMail)

Retrouvez une partie de ces albums et écrits à la médiathèque :

Songs of Leonard Cohen (1968)



Le métier de compositeur-interprète a littéralement changé lorsque Leonard Cohen a sorti son premier album. Poète lauréat de l'angoisse existentielle, en 1968, il met ses vers en musique mineure et réinvente la mélancolie. la pochette montre un Cohen grave, à peine la trentaine, et reflète l'esthétique minimaliste de sa musique. On ne  trouve pas beaucoup plus que sa voix et sa guitare sur ces chansons, ce qui nous force à nous concentrer sur ses jeux de mots et son débit aigre-doux.
Des morceaux tels que  teachers et So Long, marianne dépeignent un tableau tellement poignant de la solitude que l'auditeur ressent la douleur du chanteur, tandis que Suzanne multiplie symboles et sentiments religieux (l'interprétation de  Judy Collins avait rencontré un tel succès que Cohen a décidé d'essayer de l'interpréter lui-même). (...)
(source: extrait de "Les 1001 albums qu'il faut avoir écoutés dans sa vie" Flammarion)

Songs of love and hate (1971)



Puisque mieux vaut tard que jamais, Leonard Cohen n'entama sa carrière discographique que la trentaine passée… Sur ce troisième album, parfaitement résumé dans son titre, «Chansons d'amour et de haine», le troubadour canadien déploie cette sublime mélancolie dont il est le dépositaire. Une mise en abyme personnelle où l'autopsie des sentiments amoureux et juste humains se fait au scalpel de sa voix et de sa musique toute en épure. Et quelle voix ! Comme le fil musical d'un spleen certes bien réel mais incandescent de beauté. Avalanche, Joan Of Arc, Famous Blue Raincoat, autant de saynètes nues, tristes et désenchantées qui chamboulent le monde de la folk music et du rock en général.
(source: 
CDMail) 

New Skin for the old ceremony (1974)



Quatrième disque de Leonard Cohen si l'on exclut le live à l'Olympia publié entre temps, New Skin For The Old Ceremony fait suite au chef d'œuvre Songs Of Love And Hate et précède l'incroyable Death Of A Ladies' Man produit par Phil Spector. Ici, Leonard Cohen s'engage plus avant, notamment en faveur d'Israël comme sur "There Is A War". Moins ascétique dans les arrangements que le précédent (on entend toute une foule d'instruments dont le violon de son ami canadien Lewis Furey), cet album n'oublie pas de chanter l'amour comme sur "Lover, Lover, Lover" et "Chelsea Hotel 2" en hommage à Janis Joplin. "A Singer Must Die" écrit-il... Leonard Cohen est toujours là et bien vivant grâce à ses chansons. --Hervé Comte

Various positions (1985)



Après le Recent Songs de 1979, Leonard Cohen publie quelques livres et attend 1985 pour sortir un nouveau disque, Various Positions. L'époque où il accompagne sa voix d'une seule guitare comme celle de la sophistication des arrangements de New Skin For The Old Ceremony est révolue. Leonard Cohen vit avec son temps et s'essaye au synthétiseur, ce qui n'est pas toujours du meilleur goût mais discret. Le perdant magnifique sait encore glisser quelques perles de sa voix lugubre à la tonalité incroyablement grave comme ''Hallelujah'' que Jeff Buckley reprendra de sublime façon sur Grace et ''Dance Me To The End Of Love''. Au milieu des 80's, le poète a plus que de beaux restes et toute une nouvelle génération ne tardera pas à lui ndre un hommage mérité sur I'm Your Fan. (source: CDMail)

Ten new songs (2001)

À 67 ans, le retour de Leonard Cohen était inespéré. D'autant qu'on le savait plus occupé à fréquenter les temples bouddhistes, fussent-ils californiens, qu'à écrire de nouvelles chansons. I'm Your Man marquait déjà un retour enchanteur après que le commandeur eut tant donné, même si cet album commençait à sérieusement dater ; The Future avait laissé sur sa faim; et dix ans de silence séparent ce dernier de Ten New Songs . Une chanson par an semble être l'adage que la sagesse a imposé à celui que l'on a surnommé ''L'Idole des Zen'' ! Désormais acoquiné avec Sharon Robinson, une de ses ex-choristes qui partage avec lui la pochette, lui écrit des morceaux et produit ici l'ensemble, Leonard Cohen semble ne plus se soucier que du chant au point d'incarner de sa superbe des paroles pour le moins crépusculaires. Heureusement, car c'est bel et bien sur la profondeur et le charisme de celui-ci que tout repose, comme sur les textes, qui font oublier la lourdeur de certains arrangements dont la batterie, paléolithique, et les nappes de synthés qui prouvent que le maître de cérémonie est peu au fait de ce qui se trame en matière d'electro (un Français, Red, a montré combien ses chansons pouvaient être actuelles en s'offrant le culot de reprendre l'intégralité de Songs From A Room traficoté sur un ordi lo-fi). Il n'empêche, tel quel, avec ses qualités et ses défauts qui le rendent humain, Ten New Songs a encore de quoi séduire. Et démontre qu'en 2001, on peut encore compter avec Leonard Cohen tout' comme avec Bob Dylan, d'ailleurs. (source: CDMail)

Dear Heather (2004)



Live in London (2009)

 

En 2008, Leonard Cohen, âgé de 73 ans, remonte sur scène et effectue sa première grande tournée depuis près de quinze ans : « La dernière fois que j'ai joué ici, j'étais un jeune garçon de 60 ans, plein de rêves fous », déclare-t-il entre deux titres, dans l'une de ses interventions scéniques tout à la fois hilarantes et émouvantes, avant d'énumérer la liste des médicaments qu'il a ingurgités depuis... 

Même s'il a été poussé à reprendre la route pour se refaire financièrement après avoir été arnaqué et mis sur la paille par son manager, son enthousiasme à rejouer (probablement une dernière fois) devant un large public n'est en rien entamé. Ce double CD enregistré au 02 Arena de Londres le 17 juillet 2008 devant 20 000 spectateurs le prouve en beauté. Nulle trace de lassitude dans les interprétations de ces 24 chansons. 

La voix infra-grave est toujours là, et le groupe (dont Cohen semble très fier) est impeccable, neuf musiciens mariant à la perfection toutes les caractéristiques musicales typiques du Canadien : acoustique délicate, emprunts à la musique arabo-andalouse (grâce à l'excellent Javier Mas à la guitare 12 cordes et à l'oud), chœurs féminins omniprésents (avec la fidèle Sharon Robinson), saxo jazzy et électronique minimaliste. Le répertoire interprété n'oublie pas les classiques mais fait également la part belle aux derniers albums studio (à l'exception de Dear Heather), avec de longues versions de titres extraits de I'm Your ManThe Future et Ten New Songs.

Le résultat est un album live de grande qualité, chargé de beaucoup d'émotion, bien meilleur que le relativement faible Cohen Live de 1994, largement au niveau du très bon Field Commander Cohen : Tour of 1979. Les années ne semblent altérer ni le talent ni l'énergie de Leonard Cohen : souhaitons qu'il en soit longtemps ainsi. - Copyright 2016 Music Story

Old ideas (2012)



Leonard Cohen est de retour avec ''Old Ideas'', un nouvel album studio de la qualité de ses meilleurs enregistrement des années 80-90, tels que ''I'm Your Man'' ou ''The Future''. Débarrassé des synthétiseurs qui avaient été sa marque de fabrique dans la dernière partie de sa carrière, Léonard Cohen donne à ce nouvel album une couleur acoustique qui fait par moment penser aux premiers albums du canadien. Disque introspectif et naturaliste, ''Old Ideas'' est certainement une pièce maitresse de la discographie de Léonard Cohen.
(source: 
CDMail)

Popular problems (2014)



Pour fêter ses 80 ans , LEONARD COHEN nous présente POPULAR PROBLEM, un véritable chef d'ouvre ! Cet album de 9 chansons aborde poétiquement certains des plus profonds dilemmes de l'existence humaine - la relation à un être exceptionnel, l'amour, la sexualité, la perte et la mort. Sans doute l'album le plus ouvertement spirituel de l'artiste, POPULAR PROBLEM transmet au mieux toute la pudeur des sentiments de Leonard Cohen. (source: CDMail)

You want it darker (2016) - bientôt disponible

 

Non, il n’y a aucun point d’interrogation dans le titre de ce nouvel album de Leonard Cohen. Parce que oui, c’est la noirceur qu’il recherche, qu’il désire plus que tout. Et il n’est jamais aussi bon que lorsqu’il explore le noir. Qu’il s’agisse d’humour ou de la couleur de son âme, le noir lui va si bien. Il entraîne l’auditeur avec une facilité déconcertante dans la profondeur de poèmes qu’il continue à appeler des chansons. 

Il s’agit de son quatorzème album en quarante-neuf ans et le troisième en cinq ans. Mais à 82 ans, Leonard Cohen ne cède pas à l’urgence. Il s’agit ainsi de l’un de ses albums les plus intenses, les plus personnels aussi. Un sentiment renforcé par la découverte du nom du producteur : Adam Cohen, son propre fils, qui effectue ici un travail remarquable. Il y a des violons, des chœurs, du piano, de la guitare, de nouveaux musiciens et, surtout, la voix de Cohen, profonde et tendre.

Elle s’illustre dès le morceau d’ouverture, « You Want It Darker », aux chœurs gospel bouleversants, sur lequel Leonard Cohen lâche un glaçant : « I’m ready my Lord ». « Treaty » et son piano minimaliste s’avère tout autant émouvant, tandis que « Leaving the Table » introduit une magnifique et délicate guitare électrique. L’orgue de « If I Didn’t Have Your Love » ne trouble en rien la quiétude des arrangements mais sublime la profondeur des paroles. 

Jouant sur la corde sensible, le violon de « Traveling Light » annonce des chœurs féminins envoûtants pour le meilleur refrain, voire le meilleur morceau du disque. Toujours présent sur l’intimiste « It Seemed the Better Way », le violon est accompagné d’une contrebasse soyeuse et se veut plus joueur sur le morceau suivant, « Steer Your Way », où la voix de Leonard Cohen est beaucoup plus lumineuse que sur le reste de l’album. Celui-ci s’achève sur une poignante reprise de « Treaty », bouclant avec classe mais noirceur le meilleur album de Leonard Cohen depuis longtemps. Et le dernier puisque dans un ultime geste, l'artiste tire sa révérence au soir du 7 novembre 2016, quelques semaines seulement après cette sortie. - Copyright 2016 Music Story

Livres : 

Leonard Cohen (Gilles Tordjman)

 

De Leonard Cohen, on croit connaître l'essentiel : une poésie ciselée, des musiques mélancoliques, des chansons devenues immédiatement classiques (Suzanne, Bird On A Wire, Joan Of Arc, Hallelujah, First We Take Manhattan...) et une voix grave, très grave. Pourtant, au-delà des clichés, la personnalité et le parcours de ce chanteur aussi charismatique que Bob Dylan semblent autrement plus complexes. Ecrivain reconnu et admiré des années avant de monter sur scène, auteur de romans étincelants (The Favorite Game et The Beautiful Losers), Leonard Cohen demeure plus que jamais un poète de tout premier plan. Une personnalité cultivant plus d'un paradoxe également, fuyant les conforts et les pièges d'une célébrité qu'il s'est patiemment attelé à déconstruire, pour se révéler comme l'un des derniers grands mystiques de notre époque Une voix atypique enfin, célébrée régulièrement par le gotha du rock, de Nick Cave à Bono, des Pixies à Suzanne Vega. Entre musique et littérature, ordre et chaos, ésotérisme et érotisme, ce livre raconte l'itinéraire d'un des artistes parmi les plus singuliers et les plus passionnants de sa génération.

Livre du constant désir (Leonard Cohen)



Après un long silence, Leonard Cohen revient à la poésie avec une suite de poèmes d'amour et de désir d'une grande puissance d'évocation, d'une totale maîtrise. Ce recueil, traversé par une douce ironie, reflète la quête du bonheur et de sérénité du poète aux prises avec les désagrements physiques du vieillissement et le souvenir nostalgique d'un amour enfui. Le Livre du constant désir est abondamment illustré par Cohen lui-même.

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